L’impact des traumas chroniques d’enfance sur ta vie d’adulte

Découvre l’influence des traumas du développement et de la dysrégulation du système nerveux sur ta qualité de vie et ton bien être général.

Lever les bras avant de parler de ton trauma

Lever les bras avant de parler de ton trauma, ça sert à quelque chose. 

Non j'ai pas craqué ... je t'explique.

Si un jour tu fais du travail somatique avec quelqu'un de correctement formé, y'a de fortes chances que la séance ne commence pas direct par "raconte-moi ce qui s'est passé". 

Avant même le premier mot sur le sujet qui fâche/ fait souffrir, il y a souvent une étape qui paraît presque anodine : bouger. 

Lever les bras, changer de position, secouer un peu le corps.

Ça a l'air d'un détail. 

Mais trop pas en vrai...

Le système nerveux fonctionne sur une logique de zones. 

Il y a une zone où tu peux ressentir, réfléchir, digérer ce qui t'arrive sans être submergée ni te couper de toi même. 

C'est ce qu'on appelle la fenêtre de tolérance. 

--> En dessous, tu t'effondres, tu te dissocies, tu fonctionnes au ralenti. 

--> Au dessus, tu es en hyperactivation, tétanisée ou en mode combat/fuite, incapable d'intégrer quoi que ce soit de nouveau. 

Le travail thérapeutique efficace, celui qui change vraiment quelque chose, se fait dans cette fenêtre là. 

Pas en dessous, pas au dessus.

Ce qui est con, c'est que personne n'arrive en séance avec un curseur affiché sur le front indiquant où il en est. 

Alors on vérifie autrement. 

Et le mouvement, c'est un des outils les plus simples et les plus fiables pour ça.

Bouger, lever les bras, changer de posture, ça fait deux choses en même temps. 

D'abord, ça donne une information immédiate sur l'état du système nerveux. 

Un corps qui bouge librement, qui respire amplement, qui n'a pas peur de prendre de la place, c'est un corps qui a de la marge. 

Un corps qui reste figé, qui a du mal à initier le mouvement, qui se contracte au moindre geste, c'est un corps qui te dit clairement qu'il est déjà proche de sa limite. 

Ensuite, et c'est le plus important, le mouvement lui même aide à faire sortir le corps de l'activation avant même que le sujet difficile soit abordé. 

On ne demande pas au corps de gérer une charge émotionnelle en plus d'un système nerveux déjà à cran. 

On commence par lui donner un peu d'espace.

C'est pour ça qu'avant d'aller creuser quoi que ce soit, la question qui compte vraiment c'est : est ce que c'est supportable de rester à ce niveau d'activation actuel. 

Pas "est ce que tu es prête à en parler" au sens de la volonté, mais "est ce que ton système nerveux a la place pour ça maintenant". 

Deux questions qui se ressemblent, mais qui n'ont rien à voir.

Une fois que le travail est engagé, dans cette fenêtre de tolérance, le corps commence à faire un autre genre de travail. Et c'est là qu'intervient le deuxième point, tout aussi mal connu que le premier.

Pendant une séance, ou même en dehors, il arrive que le corps se mette à faire des trucs chelou. 

Un grand soupir qui sort de nulle part. 

Un bâillement en pleine conversation sérieuse, alors que tu n'es pas du tout fatiguée. 

Un frisson qui traverse les bras sans raison apparente. 

Parfois même un tremblement, léger ou plus marqué, dans les jambes ou dans les mains.

Le réflexe, souvent, c'est de vouloir arrêter ça. 

De se retenir de bâiller parce que ça paraît malpoli ou déplacé. 

De serrer les mâchoires, de stopper le tremblement, parce que ça fait bizarre, parce que ça inquiète, parce qu'on a peur de perdre le contrôle et que la vindicte populaire nous accable en nous traitant d'aliéné.

Sauf que ces signes là ne sont pas des parasites. Ce sont des preuves que quelque chose se passe de manière optimale dans ton corps.

Quand ce genre de réaction survient, c'est le signe qu'une charge est en train de se métaboliser, de se digérer par le corps. 

Une grande inspiration spontanée reflète ce qu'on appelle une relaxation physiologique : une partie qui était en tension vient de trouver l'espace pour se relâcher, et ça s'exprime par le relachement de ton système nerveux. 

Le bâillement fait exactement la même chose, il rééquilibre le système nerveux autonome et signale souvent un relâchement en cours. 

Le frisson ou le tremblement, c'est une façon pour le corps de décharger une activation qui n'a pas pu s'exprimer sur le moment où elle s'est créée, parfois des années plus tôt.

Interrompre ces signes là, c'est un peu comme retenir un éternuement à moitié parti. 

Ça bloque un mouvement que le corps avait déjà initié tout seul, sans qu'on ait besoin de le forcer ni de le comprendre avec la tête. 

Tout ne se digère pas d'un coup, et c'est normal. 

Mais chaque fois qu'un de ces signes traverse le corps sans qu'on cherche à le retenir, c'est un peu de charge en moins à porter.

Donc si ça t'arrive, en séance ou ailleurs, de bâiller sans raison, de soupirer fort, ou de sentir un frisson te traverser : ne retiens pas. 

Laisse faire. 

C'est pas un dérèglement. 

C'est ton système nerveux qui fait exactement ce qu'il est censé faire.

Si ça t'a parlé, garde ce post sous le coude ou partage le à quelqu'un qui pourrait en avoir besoin. 

Mon lien de rdv est en commentaire.

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