L’impact des traumas chroniques d’enfance sur ta vie d’adulte

Découvre l’influence des traumas du développement et de la dysrégulation du système nerveux sur ta qualité de vie et ton bien être général.

Déconstruire le scénario de vie

Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à l’analyse transactionnelle, il y a 20 ans, c’était pour déconstruire mon scénario de vie. Je n’ai eu de cesse, depuis, de chercher à déconstruire et déconstruire et déconstruire cette histoire de qui je suis, au milieu de quel type de monde et de quel type de gens.

C’était un travail personnel, assez solitaire, de recherche, de tentative de trouver des accompagnants pouvant « mettre le doigt sur la clé » et me libérer du fardeau de ma propre vie.

Au fil des années, bien qu’étant juriste, les collègues venaient plus dans mon bureau pour être écoutés sans jugement et sans que ça sorte de cette pièce, plutôt que pour me demander de liquider une succession. Mais pour autant, mon rêve d’arrêter le droit n’était qu’un rêve, car mes parents n’avaient de cesse de me le rappeler: tes très chères études, tu les rentabilises.

Et je ne voulais pas être bannie de la famille. Cette menace avait toujours marché: fais ça où on te balance: en pension, en colo, en CAP. J’obéissais donc « au doigt et à l’œil » avec une haine dévorante à l’intérieur, ne comprenant pas pourquoi j’étais ici pour être une martyr vivant un enfer.

Et un beau jour de février 2018, je suis tombée au combat. Enfin, j’ai fait un burn out. De ceux dont les médecins ne savent pas si là ça sera direction cimetière, hôpital, ou résilience. 

De ceux où en passant près de la mort, on s’autorise à dire merde aux dictat de maintien du statut social de la famille dans un job aliénant juste parce qu’il est au niveau attendu.

Et j’ai, après un long arrêt maladie, commencé à me former. En PNL, en psychobioacupressure, en hypnose, en maieustesie, enneagramme, analyse transactionnelle… et je pourrais continuer longtemps.

Comprendre les schémas récurrents cognitifs, les notions de croyances, ça a été un nouveau monde, une nouvelle conscientisation. Mais en dépit de cette conscientisation, les émotions et les réactions corporelles, elles, elles étaient toujours là. Le protocole PNL qui ignore le rôle du ventral et veut créer des « croyances aidantes » était donc un échec sur mes maux. Je ne voulais pas vendre ça à des clients, vu l’inefficacité sur moi. Et cette sensation d’être « celle qui cloche, celle si qui rien ne marche » lorsque cela semblait fonctionner sur d’autres, je ne souhaitais vraiment pas cela à mes clients.

Je me suis alors attelée à me former à la libération émotionnelle. C’était mieux déjà. Apprendre que l’émotion qui me traverse n’est pas moi, et que je suis le contenant immuable, pas le contenu, m’a aidé à tenir l’énergie de ces traversées émotionnelles épouvantables qui m’arrivaient régulièrement et qui me donnaient envie de mourir, au sens littéral. Si je voulais si fort sortir de ce scénario de vie, c’était bien pour arrêter d’avoir envie de mourir, et arrêter de me goinfrer puis de jeûner pour conserver une apparence physique correspondant à l’exigence que j’avais de mon corps. Le burn out m’a appris que le lâcher prise commencerait par ma vision de la beauté. Exit le 36. Conscientiser, libérer des émotions… mais ENCORE!! ces satanées réactions viscérales.

J’avais fait une brève introduction en psychophysiologie, et lu les travaux du professeur Delatte, qui expliquait que lors de trauma, si l’amygdale était paralysée, les informations ne pouvaient pas atteindre l’hippocampe et que le système nerveux prenait le relai, pour expédier l’information sous forme de mémoires engrammees dans le corps.

Je n’en savais pas plus, et surtout je ne savais pas comment en sortir ces mémoires…

Et j’ai découvert par le truchement d’une amie, le professeur Porges et sa TPV, théorie polyvagale… 

Qu’est ce que ça a signifié, pour moi, la découverte de la neurobiologie et, plus précisément, de la TPV?

L’illumination. Le chaînon manquant. Il y a 4 scenariis de vie. Des états du système nerveux. Et lorsqu’on ignore leur existence, on est squatté par ces états en croyant que le « je » qui parle, c’est ce « Je » immanent.

Et la lumière fut! L’exercice de la carte personnalisée de Deb Dana m’a permis de faire le lien entre l’analyse transactionnelle et les états du système nerveux. Ça m’a permis aussi, en faisant des recherches sur attachement et stades de développement du système nerveux, d’arriver enfin à la démonstration que le scénario de vie, qui commence en gestation… a toute une partie preverbale. Une partie qui n’est que sensation et émotion. Pas de mots à cette époque. 

Ça a tout changé à mon approche et ma vision thérapeutique. J’ai commencé à montrer à mes clients leurs dialogues issus des états du système nerveux pour qu’ils puissent percevoir que ça n’est pas eux, mais un état qui parle. Ils ne sont pas nuls, ils sont en dorsal. Ils ne sont pas dépendants affectifs, ce n’est qu’un symptôme du sympathique fuyant /suradaptation. Le lien avec la théorie de l’attachement, et la découverte des modes adaptatifs de survie, fonctionnant dans un état de survie du système nerveux, m’a permis aussi de remettre en cause le dictat du mindset mania et du changement de croyance.

A quoi bon changer de croyance lorsqu’on peut libérer le mode adaptatif de survie à l’origine de cette croyance? Changer de croyance apparaît donc comme un simple nettoyage de prison. Mais la prison protectrice, elle est toujours là.

Apprendre aussi que nous n’avions pas d’ennemi interne, mais juste des états de survie, et un état de pleine vie… ça a vraiment pu faire changer le regard en sympathique agressif que je portait sur le monde. Réussir, obtenir, conquérir par la volonté… n’étaient que des fonctionnements de survie.

Apprendre le fonctionnement des motivations de survie, et les peurs archaïques, m’a permis d’approfondir ma compréhension des mécanismes d’adaptation, de conformisme, appartenant aux états de survie du système nerveux.

Pendant 5 ans, j’ai exercé comme accompagnante en libération des trauma.

J’ai pu mesurer l’intérêt de la TPV, pour l’accompagnant! Voir mes propres motivation de survie, mes peurs archaïques, et conscientiser où celles ci pouvaient jouer dans mon accompagnement, de manière non vue pour moi.  Ce qui m’a permis ensuite dans ma posture d’accompagnant d’être en ventral, sans attendre de résultat ou avoir peur d’échouer. En langage TVP, sans passer de manière inconsciente en SA ou en D face à un client. 

Ça, ça a vraiment tout changé, justement, à mon rapport à l’accompagnement. Il n’y a plus eud’enjeu de résultat ou de réussite, car ma reconnaissance ne passait pas, en ventral, par faire coûte que coûte passer un client de A à B (ce qu’avant… j’avais fait qq fois en SA, ne comprenant pas pourquoi sur certains ca marche et sur d’autres pas!).

Grâce à l’apport magique de la notion de motivation de survie, j’ai pu aussi ré interroger de manière optimale l’objectif de mes clients, afin de déceler dedans l’objectif de survie, et d’abord aller libérer ce qui l’engendrait!

La TPV a changé ma vie et la vie de mes clients. C’est pourquoi aujourd’hui, dans ce blog, elle tient une place incontournable.

La TPV n’est pas une thérapie. Mais elle vient éclairer et irriguer TOUTES les méthodes d’accompagnement.

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