L’impact des traumas chroniques d’enfance sur ta vie d’adulte

Découvre l’influence des traumas du développement et de la dysrégulation du système nerveux sur ta qualité de vie et ton bien être général.

Pourquoi tu ne te souviens de rien, mais que ton corps se souvient de tout

T'as déjà eu ce vertige qui revient pile au même mois, chaque année, sans qu'aucun médecin ne trouve rien ?

Cette nausée qui monte d'un coup en repensant à un détail qui, sur le papier, n'a rien de dramatique ?

Cette envie de fuir une pièce, une conversation, une situation, sans réussir à mettre un mot dessus ?

Tu te dis probablement que t'es "trop sensible", que t'exagères, ou pire, que t'inventes.

On m'a souvent demandé : "Mais si je ne me souviens de rien, comment je pourrais libérer les mémoires corporelles de ce que j’ai vécu ?"

En tant que meuf qui carbure aux données validées plutôt qu'aux intuitions, je vais être claire : cette phrase part d'un postulat erroné, et c’est une excellente nouvelle!

La majorité des survivant·e·s de trauma n'ont pas de souvenir clair de ce qui s'est passé.

Des bouts, des flashs, parfois rien du tout.

Et ce n'est ni un manque de mémoire, ni du déni, ni de la mauvaise volonté.

Pour comprendre pourquoi, faut ouvrir la montre pour aller regarder les rouages.

Ton cerveau ne stocke pas la mémoire uniquement à un endroit, il s'est construit par couches successives.

La couche la plus primitive, qui fut appelée le cerveau reptilien (tronc cérébral, cervelet), gère tes fonctions de base : rythme cardiaque, respiration, réactions instinctives. Non verbale.

Ensuite arrive le système limbique, le cerveau des mammifères, qui gère ta mémoire émotionnelle et ton attachement. Encore non verbal.

Il te faut la couche la plus récente, le cortex préfrontal, pour mettre des mots sur ce que tu vis.

Face à une menace, ce bel équilibre part en vrille.

L'amygdale, qui fait partie du système limbique, est ton détecteur de fumée : elle s'active à la moindre alerte et déclenche une cascade d'événements neurochimiques. Et là, gros point à retenir : le cortex préfrontal s'éteint.

Littéralement.

Parce que s'arrêter pour réfléchir, en pleine menace, c'est plus lent que de réagir à l'instinct.

Un lézard n'a jamais mis en question ce qu'il ressentait, et c'est pour ça qu'il est plus rapide que toi.

La branche sympathique du système nerveux prend le relais : adrénaline libérée, cœur qui s'accélère, sensation de froid ou de maîtrise, muscles gorgés d'oxygène, la force de Superman version survie.

Tous les systèmes non essentiels s'arrêtent, y compris ta digestion.

Puis vient la récupération, portée par le système parasympathique : freinage brutal, adrénaline métabolisée, cœur qui ralentit, et souvent des tremblements et une activité gastro-intestinale de rebond.

C'est littéralement pour ça que tellement de mes clientes deviennent nauséeuses en se reconnectant à un vécu traumatique : le corps rejoue la mécanique de récupération, pas juste l'émotion.

Le parasympathique permet aussi deux autres stratégies de survie : le figement, façon cerf dans les phares, et l'effondrement, où tu te déconnectes complètement :

"J'ai fait semblant de dormir."

"J'ai perdu connaissance, je me souviens plus de la suite."

Ces états, à force de se répéter, ne restent pas de simples réactions passagères : ils deviennent des habitudes du corps.

Et pendant tout ça, une autre structure du système limbique, l'hippocampe, celle qui construit normalement le récit cohérent ("voilà ce qui s'est passé, et voilà que c'est fini"), se met en pause elle aussi.

Cortex préfrontal éteint plus hippocampe en pause, ça donne une équation simple : les données brutes de l'expérience, sensations et réactions physiques, sont codées dans l'amygdale sous forme de souvenirs sensoriels et musculaires.

Pas de récit.

Juste un enregistrement, détaché de toute histoire capable de le rendre compréhensible.

Et comme l'amygdale reste ton détecteur de fumée, cet enregistrement-là devient hypersensible au moindre rappel, même minuscule, de l'événement d'origine.

C'est ce qu'a confirmé la toute première étude en imagerie cérébrale sur la mémoire traumatique, menée par Bessel van der Kolk : sous stress extrême, le traitement de la mémoire échoue à intégrer ce qui se passe dans un récit autobiographique cohérent, laissant les éléments sensoriels non intégrés, prêts à ressurgir dès qu'un nombre suffisant d'entre eux sont réactivés par un rappel présent.

Ça, ça s'appelle la mémoire implicite/procedurale, à distinguer de la mémoire explicite/autobiographique (le récit : "j'avais tel âge, ça s'est passé comme ça").

La mémoire implicite, elle, ne porte jamais l'étiquette "souvenir".

Tu agis, tu ressens, tu imagines, sans reconnaître que c'est ton passé qui influence ton présent.

Comme le formule Bruce Ecker, la mémoire émotionnelle transforme le passé en attente pour l'avenir, et fait persister tes pires vécus comme des réalités actuelles ressenties.

Concrètement, ça prend plusieurs formes.

Des émotions qui te semblent disproportionnées par rapport à la situation réelle :

de la peur là où c'est sûr,

de la rage à la place de l'agacement,

de la honte à la place de la gêne.

Si un puma sautait par ta fenêtre là maintenant, on aurait toutes les deux peur, logique.

Si tu ressens cette peur-là et qu'il n'y a pas de puma, cette peur est un souvenir.

Des pensées qui annoncent l'échec ou le danger : "je vais tout gâcher", "il y a un truc qui cloche chez moi".

Des impulsions, comme cette envie irrépressible de fuir une pièce.

Et des sensations somatiques précises : vertiges, douleurs, sensation de flottement, perte temporaire d'audition ou de vision, souvent calées sur un anniversaire traumatique précis.

Ainsi, exiger des souvenirs comme préalable à la guérison, c'est bloquer des gens devant une porte qui n'est simplement pas la bonne entrée.

Ton corps se souvient.

Il se souvient même très bien.

C'est juste qu'il ne raconte pas d'histoire, il rejoue une sensation.

Si tu veux enfin comprendre ce que ton corps essaie de te dire, je reprends mes accompagnements en septembre, à raison d'une séance par matinée, le reste de mon temps étant consacré à mon BTS diététique.

Voici le lien de réservation : https://rdv.itiaki.com/audrey-mellac-essentia-originali

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