Découvre l’influence des traumas du développement et de la dysrégulation du système nerveux sur ta qualité de vie et ton bien être général.
26 Septembre 2026
Certaines de tes réactions n'ont pas ton âge. Elles ont l'âge d'une part blessée de toi.
Tu connais cette sensation.
Un mot, un ton de voix, une situation banale,
Et d'un coup tu n'as plus l'âge de tes artères!
T'es tétanisée, ou en larmes, ou en rage, pour un truc qui, selon toi, ne devrait pas te toucher.
Et là, le réflexe classique : "mais c'est ridicule, pourquoi je réagis comme une gamine?!".
Sauf que c'est exactement ce qui se passe.
Une partie de toi réagit comme une gamine.
Parce qu'elle en est une.
La mémoire traumatique n'a pas de calendrier. Elle erre, dans un no man's land, dans un espace temps sans âge ni date.
Un vécu douloureux peut se figer dans le corps à l'âge exact où il s'est produit, et y rester, intact, des décennies plus tard.
C'est ce qu'on appelle l'héritage neurobiologique du trauma : la mémoire procédurale a encodé la sensation, la peur, la réaction,
Sans que la partie de toi qui a vécu ça ne sache qu'aujourd'hui t'es adulte, en sécurité, et plus dans la même pièce ni avec les mêmes personnes.
Donc non, tu deviens pas folle.
Cette partie de toi qui réagit "trop fort" pour "pas grand-chose", elle a un âge précis.
Et elle attend depuis ce moment-là qu'un adulte bienveillant, -spoiler alerte, toi aujourd'hui-, vienne lui dire que son cauchemar est terminé dans l'ici et maintenant.
C'est un des trucs qu'on va chercher à faire en séance,
Et je vais te dérouler concrètement à quoi ça ressemble, histoire de rendre concret ce qu'est vraiment ce travail.
Quand une sensation ou une réaction qui te semble disproportionnée se présente en séance, on ne cherche pas à la faire taire,
on ne cherche même pas à comprendre "pourquoi maintenant" avec le mental.
On va plutôt aller l'accueillir avec curiosité et bienveillance.
Lui demander ce qu'elle protège, ce qu'elle évite, ce qu'elle permet.
Lui demander si elle a un âge.
Et la plupart du temps, elle en a un, précis, souvent tout petit.
Deux ans, cinq ans, sept ans.
Un âge figé au moment exact où quelque chose de douloureux, voire traumatisé ne s'est produit et où personne n'est venu lui apporter une réassurance de qualité,
Ni lui dire que c'était fini.
Une fois cet âge identifié, tu peux changer de regard sur ta réaction: tu arrêtes de la juger inappropriée,
Et on va s'adresser directement à la partie qui porte cet âge-là,
comme on s'adresserait à un enfant réellement présent dans la pièce.
Et le premier message qu'elle a besoin d'entendre, presque à chaque fois, c'est celui-ci : ce qui s'est passé n'était pas de sa faute.
Un enfant n'est jamais responsable de ce qu'on lui fait.
Un enfant ne mérite jamais ce qui lui arrive.
Un enfant maltraité, en raison de son fonctionnement psychologique naturellement égocentré, va frénétiquement chercher une explication à ce qui lui arrive,
Et cette explication, il va la trouver en lui : "si mes parents me traitent comme ça, c'est que je dois être quelqu'un de mal, ou de pas assez bien, ou de dérangeant".
Il transforme un acte commis sur lui en une vérité sur ce qu'il est.
La honte s'installe là, dans son camp, dès le départ, et elle y reste souvent pendant des décennies si personne ne vient la lever.
Sauf que la honte n'a jamais eu à être dans ce camp-là.
Elle a été générée par ceux qui commettent des actes de maltraitance.
Et c'est précisément ce message qu'on va porter, en séance, à la partie qui s'est cristallisée à l'âge de l'événement : ça n'est pas à toi d'avoir la honte dans ton camp, la honte leur appartient.
Ils sont coupables de ce qu'ils t'ont fait.
Ce sont eux les adultes.
Ce sont eux qui ont un cortex préfrontal mature.
Ce sont eux qui ont fait de la merde, car ils ne savaient pas faire autrement.
Ça n'a rien à voir avec toi, ni avec ta valeur.
Ce travail-là ne se fait jamais dans la précipitation.
On ne brusque rien, on ne force aucune partie à parler avant qu'elle soit prête, et on avance au rythme du système nerveux de la personne, pas au rythme de ce qu'on voudrait résoudre vite.
Mais quand cette bascule s'opère, même partiellement, quelque chose de très concret change dans le corps : la vigilance retombe, la gorge se desserre, le ventre se détend.
Le corps sait très précisément la différence entre porter la honte de quelqu'un d'autre et la reposer là où elle aurait toujours dû être.
Donc non, tu deviens pas folle quand une partie de toi réagit "trop fort" pour "pas grand-chose".
Elle a un âge précis, une histoire précise, et elle porte probablement une blessure causée par ceux censés la protéger.
Si ça résonne, garde ce post sous le coude ou partage-le à quelqu'un qui a besoin de l'entendre.