Découvre l’influence des traumas du développement et de la dysrégulation du système nerveux sur ta qualité de vie et ton bien être général.
2 Octobre 2026
Il y a une phrase qui me donne des envies de meurtres,
Que j'entends depuis des années,
Dans toutes les versions possibles !
"Arrête de te faire des films."
"T'inquiète pas pour rien."
"Bah, change, c'est pas compliqué."
Toujours avec de bonnes intentions.
Et toujours avec le même résultat : zéro effet !
Et selon tes mécanismes de protection, soit ça te foutra en rage comme moi, soit tu en retireras un peu plus de honte en prime.
Alors reprenons depuis le début, avec les faits, pas avec la morale.
On ne crée pas ses peurs.
On les reçoit.
En direct de nos capteurs corporels.
Quand une peur s'installe, ce n'est pas ton imagination qui invente un scénario catastrophe par pur plaisir masochiste.
C'est ton système nerveux qui a capté, dans ta perception sensorielle, un détail de l'environnement, une voix qui monte, une posture qui se referme, un silence qui dure un peu trop.
Et ce détail a été lu comme un signal d'alerte. "Ding ding ding", direction l'amygdale : attention danger, branle-bas de combat.
Tout ça se joue en quelques millisecondes.
Bien avant que ton cortex préfrontal ait eu le temps de vérifier si le danger est réel, proportionné, ou même actuel.
En plus, ton cortex préfrontal est shunté dans un tel cas. Hop, hors ligne !
Tout cela est la conséquence de la neuroception.
C'est un terme posé par Stephen Porges, crucial en théorie polyvagale.
Quesaco ? Ça décrit l'évaluation du danger par le système nerveux, qui se fait en dessous du radar de la conscience.
On ne choisit pas de la déclencher, ou de l'inhiber.
On ne peut pas non plus décider d'arrêter d'un claquement de doigts une neuroception mal calibrée, juste en se disant que "tout va bien".
Alors le conseil, qu'on espère bien intentionné, mais qui est surtout bien souvent non sollicité, tombe à plat.
"Bah, change !" C'est facile à dire quand on a son cortex préfrontal branché, en ligne, disponible.
Le cortex préfrontal, c'est la zone du cerveau qui gère la nuance, la mise en perspective, l'analyse à froid, le choix conscient, qui permet le discernement.
Sauf qu'en face de toi, la personne dont le système nerveux a déclenché le "plan survie" n'a pas les mêmes perceptions, pas les mêmes sensations que toi à cet instant précis.
Son corps ne lui permettrait même pas de formuler une réponse construite.
Ce n'est pas qu'elle refuse d'entendre ce que tu racontes.
C'est que la partie du cerveau censée le traiter est, littéralement, hors ligne.
➡️ Donner un conseil soi-disant de bon sens à quelqu'un dont le système nerveux est en activation, c'est un peu comme demander à quelqu'un de résoudre une équation pendant qu'on lui tient la tête sous l'eau.
L'intention n'est, on l'espère, pas mauvaise. Le timing est en revanche impossible.
Ce n'est pas un manque de volonté, c'est un mode adaptatif de survie qui a pris les commandes.
Pas pour emmerder qui que ce soit, pas par faiblesse de caractère.
Pour protéger, selon des critères qui ont été vrais un jour, dans un contexte donné.
Et tant qu'on n'est pas allé s'asseoir directement avec cette partie-là pour l'écouter, vraiment, et pas pour lui donner un énième conseil, aucune méthode de "bon sens" ne suffira à la faire lâcher prise durablement.
Ça ne veut pas dire qu'il faut rester les bras croisés face à une peur handicapante.
Ça veut dire qu'il faut s'adresser au bon interlocuteur : pas la volonté, pas le mental, mais le système nerveux lui-même.
Si tu te reconnais dans ce mécanisme, tu peux me contacter pour qu'on regarde ça ensemble, mon lien de rdv est en commentaire.