Découvre l’influence des traumas du développement et de la dysrégulation du système nerveux sur ta qualité de vie et ton bien être général.
16 Janvier 2025
Les stratégies adaptatives de survie: un mécanisme de protection personnel et transgénérationnel.
Notre système nerveux n’a qu’une recherche: nous maintenir en sécurité, pour notre survie.
Enfant, si nous grandissons dans un environnement défavorable, avec des figures d’attachement effrayées/effrayantes, notre système nerveux va tout faire pour maintenir la connexion.
Au détriment de l’autonomie.
Nous développons donc des stratégies adaptatives de survie, pour éviter de mourir… car l’absence de connexion avec nos figures d’attachement est perçue comme un danger de mort.
Si nous sommes négligés, maltraités, aimés « sous conditions de », alors, en tant qu’enfant, nous allons conclure que nous sommes mauvais.
Pourquoi? Car le cerveau de l’enfant est incapable de concevoir la complexité de « mon parent est une personne qui fait ce qu’il peut, même si c’est de la grosse merde. Ça ne veut rien dire sur moi, c’est a propos de lui, ses comportement sont inadaptés et effrayants ».
Son cerveau n’est pas capable de concevoir que l’on soit méchant avec lui, sans qu’il y ait une bonne raison.
Soit le parent est gentil, soit il est méchant.
Et conclure que le parent est méchant est impossible pour le petit enfant.
Ça reviendrait à couper la connexion à la figure d’attachement, dont il a besoin pour survivre.
Ca reviendrait à concevoir qu’il n’y a plus d’amour dans l’univers.
À le plonger dans le néant et la folie.
Il va donc cliver: bon parent/ mauvais parent.
Bon enfant/ mauvais enfant.
Et partir du principe que le mauvais parent ne fait surface que parce qu’il est un mauvais enfant.
L’enfant se pare donc de tous les maux, au service de la connexion et du maintien de sa santé mentale.
Le cortex préfrontal, siège de la relativisation et de la réflexion, n’est mature qu’à environ 25 ans.
Par conséquent, le cerveau de l’enfant ne peut pas, (comme son cortex préfrontal n’est pas mature), prendre du recul et voir la situation dans sa globalité.
Se concevoir comme le méchant est alors une protection.
Ouf, la connexion est maintenue! Au prix du conditionnement traumatique de l’enfant.
Voilà comment les stratégies adaptatives de survie se mettent en place. Elles permettent à l’enfant la survie, elles lui permettent de n’être « ni mort ni fou ».
Au prix de la haine de soi et du rejet de soi,
Et d’une estime de soi inexistante,
Une fois adulte.
On retrouve aussi, dans les mémoires transgénérationnelles, cette problématique de n’être « ni mort ni fou ».
L’homme préhistorique rejeté par sa tribu, finissait mort bouffé par une bête sauvage, mort de froid, mort de faim...
Du coup, pour éviter d’être rejeté, on reste conforme. On se conditionne.
Et cette peur archaïque, on en a hérité dans nos cellules…
J’ai vu ça souvent en accompagnement. Des mémoires du corps nous ramenant à la préhistoire, à des personnes qui ont conclu, il y a des millénaires, qu’il fallait mieux taire ses envies, ses désirs, ses idées, pour éviter l’isolement, et donc la mort.
De même pour l’homme au moyen âge, qui risquait de finir à la questionnette de l’inquisiteur.
Ou interné et torturé, s’il blasphémait, par exemple.
En accompagnement, combien de mémoires de femmes qui allaient être brûlées, ou qui avaient été martyrisées, avons nous rencontrées.
Condamnées car elles avaient voulu aider autrui en leur donnant des remèdes de plantes,
Ou parce qu’elles avaient osé prétendre changer leur condition,
Refuser d’être esclaves d’un seigneur qui récupérait plus de récolte que prévu,
Combien de mémoires de femmes, intégrées à nos cellules, intimant de « ne surtout pas quitter la place qui est la leur sous peine de mort et d’humiliation ».
Nos corps sont pleins de ces « reste à ta place » et de ces « ça ne vaut pas le coup de mourir d’humiliation ».
Le conformisme, qui est aussi un rejet de son authenticité et de son autonomie, a été nécessaire à la survie de l’humain.
Un humain que l’on craignait, que l’on rejetait, était promis à une mort certaine.
Être un peu « bizarre », il y a quelques centaines d’années, ça nous aurait directement conduit à être traité de possédé.
Et donc, isolement, puis mort.
D’où les stratégies d’adaptation qui nous conduisent à nous suradapter à notre environnement.
Et aujourd’hui, nous vivons avec ces mémoires, qui se réactivent quand notr environnement y est propice.
C’est pas que nous sommes faibles et sans personnalité,
C’est qu’on est surdoué pour la survie
Mais… tout ce qui a été construit peut être déconstruit.
Les mémoires personnelles, transgénérationnelles, les mémoires de trauma collectifs, les mémoires de l’humanité…
Ça se LIBÈRE.
Pour enfin passer de la survie à la vie.
Et j’ai été le témoin privilégié de ces métamorphoses, à de multiples reprises.
De ces changements de perception de la vie, de soi, du monde.
De l’énergie de vie qui revient, pleine et disponible.
De ce passage dans la confiance, l’empouvoirement et la sensation d’être capable,
Quand le champ des possibles s’ouvre.
C’est le changement de perception de la vie, qui permet le changement de ce qu’on vit.
Et le changement de perception, il passe par la libération des mémoires du corps,
Qui piratent le bon fonctionnement du système nerveux, en le maintenant de force en état de survie.