Découvre l’influence des traumas du développement et de la dysrégulation du système nerveux sur ta qualité de vie et ton bien être général.
23 Septembre 2026
Ta vigilance a raté un truc une fois. Et depuis, une part de toi te tient responsable de tout ce qui foire.
Un truc a mal tourné. Une relation qui s'est cassée la gueule, une situation que t'as pas vu venir, un message mal interprété, une personne qui s'est éloignée sans que tu comprennes pourquoi. Et là, direct, une voix intérieure débarque : "t'aurais dû le voir venir. T'as pas fait assez attention."
C'est ta part hypervigilante qui parle. Celle qui scanne en permanence l'environnement, les gens, les tons de voix, les silences, pour repérer le danger avant qu'il arrive. Elle a un boulot à temps plein depuis un bail, et globalement, elle le fait bien. Sauf que là, un truc lui a échappé. Et elle le prend personnellement, comme un vigile de boîte de nuit qui laisse entrer le seul mec bourré de la soirée, et qui se fait latter le lendemain pour ça, alors qu'il a filtré des centaines de personnes toute la nuit sans problème.
Sauf que chez toi, personne te tape dessus de l'extérieur. C'est une part de toi qui s'en charge, en boucle, avec la même autorité qu'un procès qu'on rejugerait chaque nuit.
Quand on va l'écouter, elle nous dit à peu près ça : "j'ai pas fait assez, faut faire encore plus." Sauf que faire plus de quoi, elle sait pas non plus. Alors tu figes. Ce figement-là, c'est du figement tonique : tu restes en alerte, tendue, mais tu bouges plus, parce qu'agir te semble risqué tant que tu sais pas exactement ce qui a foiré. Et ce figement, il traîne toujours son pote avec lui : la peur de communiquer à nouveau, de peur d'être encore mal comprise, mal interprétée, de refaire la même erreur sans même savoir laquelle t'as faite. Les angoisses qui dormaient se réveillent. Tu te mets à réexpliquer trois fois la même chose, à t'excuser avant même qu'on te reproche quoi que ce soit, à checker deux fois si tout va bien avec les gens que t'aimes.
C'est là que tu te dis "je crois que quelque chose cloche chez moi". Que si les gens te connaissaient vraiment, ils te laisseraient tomber. Que c'est toujours toi le problème, jamais la situation.
Non. Ce qui cloche pas, c'est pas toi. C'est un mode adaptatif de survie, amalgamé à toi depuis longtemps, qui a appris qu'être hypervigilante à 200% était la seule façon de rester en sécurité, aimée, ou juste tranquille. Et qui panique dès que la réalité lui prouve que même à 200% de vigilance, on peut pas tout voir venir. Personne peut. Même pas elle.
Ça se travaille. Pas en devenant encore plus vigilante, ça a déjà été tenté et ça marche pas, sinon tu le saurais. Ça se travaille en allant à la rencontre de cette part, en comprenant précisément ce qu'elle essaie d'éviter (le rejet, l'abandon, l'humiliation, souvent les trois), et en lui montrant qu'aujourd'hui, t'es plus la même personne qu'au moment où elle a pris ce poste. Qu'elle peut arrêter le tour de garde 24h/24, sans que tout s'effondre.
Dis-moi en commentaire si cette voix-là, tu la reconnais.
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