Découvre l’influence des traumas du développement et de la dysrégulation du système nerveux sur ta qualité de vie et ton bien être général.
2 Février 2025
Il y a une différence entre être « normalement névrosé » et survivant de trauma.
Être activé par un truc du quotidien parce que c’est le truc du quotidien qui nous active, par rapport à nos valeurs, à nos désirs contrariés, ça ça arrivera toujours.
Se sentir pas à la hauteur sporadiquement, ça arrive, aussi.
Mais derrière cette activation, rien ne dit qu’il y a une mémoire traumatique.
Il peut y avoir un conditionnement lié à l’éducation :
Par exemple, quelqu’un qui ne dit ni bonjour ni merci, quand il vient me demander qqch, ça m’énerve.
Je trouve que c’est un manque de respect.
Car c’est le conditionnement de mon éducation.
Et j’ai pas envie d’aller le remettre en cause, j’ai plutôt envie d’une société dans laquelle on est capable d’entrer dans un magasin et de dire bonjour, merci, au revoir.
Il peut avoir une atteinte à nos valeurs humaines :
Par exemple, quelqu’un de raciste qui va dire à une amie racisée « rentre chez toi », je vais avoir envie de l’exploser.
Mais il existe aussi un autre type d’activation:
Être activé quasi tout le temps à cause des mémoires du corps qui nous piratent.
En tant que survivante de trauma, je le vois en ce moment: mon SN est piraté par les mémoires traumatiques.
J’oscille entre stress (sans raison extérieure) et apathie.
Je n’ai globalement pas d’énergie (sauf celle des nerfs quand le stress chronique se réveille), pas d’envie, pas d’élans.
Sauf exception où je vais ressentir un peu plus d’énergie,
Plus de paix,
Un peu de joie.
Je dois admettre que je monte quand meme des échelons vers le bien être, de manière très lente.
Je les redescends bien vite quand, à l’extérieur, un événement qui m’impacte émotionnellement se produit, mais jamais aussi bas qu’au départ.
Quand on va globalement et « normalement » bien, on se sent relié à « la source », la vie, bref on se sent vivant et relié.
Mais le SSPT et le SSPT-C nous coupent de cette sensation d’être acteur de sa vie.
Les mémoires traumatiques nous maintiennent dans des mécanismes souffrants, construits précocement pour nous protéger.
Et nous donnent l’impression d’être un mort en sursis, de ne pas vivre, d’être un spectateur de sa vie, d’être le jouet de la vie sans aucune prise dessus ni aucune chance de s’en sortir.
Extérieurement, ça peut être imperceptible.
Souvent d’ailleurs.
Avoir un masque social est extrêmement fréquent, pour éviter d’être envahi par la honte et le rejet de soi.
L’extérieur peut avoir l’impression d’être face à une personne sereine, sûre d’elle, qui « réussit tout ».
Et c’est de ça que je parle.
Je parle pour toutes les personnes qui ne font que survivre, un jour après l’autre.
Ça, ça n’est pas être « normalement névrosés »,
C’est être handicapé quotidiennement par les mémoires traumatiques qui bouffent la vie.
Quand on vit ça, on se sent démuni.
On finit en désespoir de cause par prendre des médocs, ou d’autres « produits » pour se détendre et supporter les vissiscitudes de la vie.
Ou on vit son stress chronique et son anxiété perpétuelle à pleine balle, parce qu’on a une phobie de perdre le contrôle, de perdre prise et qu’on ne veut pas de chimie.
Stress chronique, épuisement chronique, anxiété généralisée, TOC, difficultés à être en relation, absence de sens à la vie, manque d’estime de soi, rejet et haine de soi, tout ça est soit potentialisé soit causé par les trauma du développement.
Vous comprenez du coup pourquoi les TCC sont inopérants sur les trauma : aller retirer les symptômes ne retire pas la cause.
C’est comme arracher la corolle d’une pâquerette sans arracher la racine.
La pâquerette repoussera.
Un autre symptôme se développera.
L’étude ACE, « adverses childwood experiences », montre statistiquement l’augmentation des risques pour la santé physique et la santé mentale, en cas d’enfance négligée, maltraitée ou les deux.
Dans ces occurrences, il est fréquent que le fait de ne rien faire,
Ou se sentir fugacement bien,
Active le système nerveux.
Il y a une neuroception mal calibrée, qui va percevoir un danger là où il n’y en a pas…
En raison des mémoires du corps qui viennent pirater la neuroception, justement.
Si le SN s’active en cas de bonheur, c’est problématique, ça signifie que le système est habitué au stress, à l’hyper vigilance et attend la prochaine tuile.
C’est pas une vie ça, c’est un enfer.
Quand je parle de libérer les mémoires, je ne parle pas de ne jamais être activé, on n’est pas bouddha.
En plus, est-ce humainement possible, ou ne serait-ce pas, dans la majorité des cas, une dissociation ou une inhibition des émotions et sensations?
Quand on apprend à s’observer,
À conscientiser les mouvements de notre SN,
On apprend à distinguer dans notre expérience,
quand on est activé car une de nos valeurs est touchée,
Lorsqu’une envie ne sera pas réalisée,
Et quand on est piratés par la mémoire procédurale qui prend possession de nous.
Du coup quand je parle de réduire les activations, je parle pas de les supprimer.
Mais d’arrêter de vivre une demi vie.
Passer de la survie à la vie.
Vraiment, c’est possible, je l’ai vu chez mes clients quand j’exerçais.
Tout ce qui a été construit peut être déconstruit.
Ça ne se fait juste pas avec les approches thérapeutiques qui fonctionnent sur les personnes « normalement névrosées ».
Et la mémoire procédurale étant longue à dégrader,
Ça prend du temps.
Si vous êtes un survivant de trauma, alors je vous conseille les livres:
« Guérir les traumatismes du développement : Restaurer l’image de soi et la relation à l’autre » de Laurence Heller et Aline Lapierre
« Dépasser la dissociation d'origine traumatique : Soi fragmenté et aliénation interne » de Janina Fisher
Vous allez enfin lire des auteurs qui parlent de vous…
Ça fait du bien de se sentir compris.
C’est une des choses qui ont manqué dans l’enfance d’un survivant de trauma du développement.